Quand tailler un olivier, et comment s’y prendre sans le brusquer

Chez moi, l’olivier c’est l’arbre qui pardonne beaucoup et qui déteste qu’on le charcute au mauvais moment. Voilà ce que j’ai retenu, en pot comme en pleine terre.

J’ai planté mon premier olivier un peu par orgueil, du côté du Sud-Ouest, en me disant qu’un ancien maraîcher saurait bien s’en occuper. La première année, j’ai loupé ma taille. Trop tôt, trop fort, un froid tardif derrière. La plante a boudé. Depuis, j’ai appris à attendre, à observer le feuillage, à sortir le sécateur au bon moment. Savoir quand tailler un olivier, c’est déjà la moitié du travail. Le reste, c’est du geste et un peu de bon sens.

Quand tailler un olivier : la fenêtre qui compte

La question « quand tailler » revient tout le temps, et elle a une vraie réponse. L’olivier n’aime pas le froid frais sur ses plaies de coupe. Moi je vise la sortie de l’hiver, une fois les grosses gelées passées, quand la sève repart et que la croissance redémarre pour de bon.

La sortie d’hiver, mon repère

Dans mon coin, ça tombe entre mars et avril. J’attends que les nuits ne descendent plus sous 3 à 5 °C de façon régulière. Tailler un olivier trop tôt, c’est offrir des portes ouvertes au gel sur les coupes. Trop tard, en pleine floraison, et je sacrifie une partie des futures olives. La taille de production, elle, se cale juste avant que les fleurs pointent.

Éviter la taille en plein gel ou en pleine canicule

Je ne touche jamais à l’arbre quand il fait moins de 0 °C, ni en pleine chaleur d’été à 35 °C. La plante est en stress, elle cicatrise mal. Un petit rafraîchissement léger en fin d’été pour aérer, à la rigueur, mais rien de sérieux. La vraie taille d’entretien attend le printemps. Le service public d’information agriculture.gouv.fr rappelle d’ailleurs de tenir compte des périodes de gel dans les travaux au verger.

Olivier en pot ou en pleine terre : deux logiques

C’est là que ça se joue. Un olivier arbre en pleine terre et un olivier en pot ne se taillent pas pareil, même si le geste de base reste le même.

En pleine terre : ouvrir le centre à la lumière

En pleine terre, mon objectif c’est la forme et la production. Je cherche à faire entrer la lumière au centre de l’arbre. Un olivier trop dense à l’intérieur, c’est moins d’olives et plus de maladies. J’enlève ce qui pousse vers l’intérieur, je garde 3 ou 4 branches principales bien réparties, et j’aère le cœur. La lumière au centre de l’arbre, c’est ma boussole. Un centre arbre lumière, ça donne un feuillage sain et des rameaux qui fructifient.

En pot : maîtriser la taille et le volume

En pot, la logique change. Là, je taille aussi pour contenir la taille de l’arbre, au sens des dimensions. Un olivier en bac de 40 à 50 cm de diamètre ne peut pas nourrir une ramure de trois mètres. Je réduis un peu plus, je raccourcis les pousses de l’année d’un tiers environ, et je surveille les racines. Tous les 2 ou 3 ans, rempotage et taille des racines vont ensemble. La taille entretien du feuillage suit celle du volume racinaire, sinon l’arbre s’épuise.

Les types de taille : formation, entretien, production

On mélange souvent tout sous le mot « taille olivier ». En vrai il y a plusieurs types de taille, et ils ne servent pas la même chose selon l’âge de la plante.

Taille de formation sur un jeune olivier

Sur un jeune olivier, les trois premières années, je fais surtout de la taille de formation. Je choisis les futures branches principales, je supprime les pousses basses, je dégage un tronc net sur 40 à 60 cm. Pas de précipitation. On construit la charpente une fois pour toutes. Un jeune olivier taillé n’importe comment garde ses défauts vingt ans.

Taille d’entretien et taille de production

Ensuite vient la routine. La taille d’entretien enlève le bois mort, les branches sèches, les rejets au pied et les gourmands qui filent tout droit. La taille de production, plus fine, favorise la croissance des rameaux qui portent le fruit. L’olivier fructifie sur le bois de l’année précédente, donc je ne rase pas tout : j’éclaircis pour optimiser la croissance sans tout couper. Pour approfondir les bonnes pratiques d’entretien des arbres fruitiers, les fiches de la Société nationale d’horticulture de France sont une lecture honnête.

Les outils, et pourquoi je soigne mes sécateurs

On sous-estime les outils. Une mauvaise coupe déchire, laisse une plaie qui traîne, et l’arbre paie l’addition. Mes outils de taille, je les affûte et je les désinfecte entre deux arbres.

Voilà ce que j’ai toujours sous la main quand je sors tailler mes oliviers :

  • un sécateur à main bien affûté, pour tout ce qui fait moins de 2 cm de diamètre
  • un sécateur à batterie quand le verger s’agrandit et que le poignet fatigue, autour de 150 à 300 € selon les modèles
  • une scie d’élagage pour les branches au-delà de 3 à 4 cm
  • une perche ou un ébrancheur sur perche pour atteindre le haut sans échelle bancale
  • un chiffon avec de l’alcool à 70° pour désinfecter les lames entre deux plantes

Le sécateur à batterie a changé ma vie le jour où j’ai eu une dizaine d’oliviers à faire dans la journée. Pour un seul arbre, un bon vieux sécateur manuel suffit largement. La perche, elle, m’évite de jouer les acrobates. Chez moi, un arbre bien pensé se taille depuis le sol.

Calendrier : mon année autour de l’olivier

Je me repère au calendrier plus qu’à la date exacte, parce que le climat décide. Voici comment je cale mes interventions sur l’olivier, arbre par arbre, au fil des mois.

MoisCe que je fais
Janvier – FévrierRien de lourd. J’observe, je repère les branches sèches.
Mars – AvrilTaille principale : formation, entretien, ouverture du centre.
Mai – JuinFloraison, je ne touche pas. Surveillance du feuillage.
Juillet – AoûtÉclaircissage léger possible, jamais sous forte chaleur.
Septembre – OctobreRécolte des olives, on laisse l’arbre tranquille.
Novembre – DécembreRepos. Nettoyage des outils, affûtage des sécateurs.

Ce tableau, c’est mon rythme à moi, dans le Sud-Ouest. Plus au sud et plus au chaud, on peut avancer un peu. Le principe reste le même : la grosse taille au réveil de l’arbre.

Les erreurs que j’ai faites, pour t’éviter les mêmes

J’ai coupé trop court, une année, en croyant favoriser la croissance. Résultat, l’olivier a produit une forêt de gourmands verticaux et zéro olive. L’arbre réagit à la brutalité par de la panique végétale.

Trop tailler d’un coup

Un olivier n’aime pas perdre plus d’un quart de son feuillage la même saison. Au-delà, il se venge en repartant dans tous les sens. Mieux vaut une taille modérée chaque année qu’un massacre tous les cinq ans. La régularité, c’est ce qui garde la santé de l’arbre.

Négliger le bois mort et l’aération

Laisser traîner les branches sèches et le bois mort, c’est inviter les champignons. Je les retire d’abord, avant toute autre coupe. Ensuite seulement je réfléchis à la forme. Pour comprendre l’intérêt d’un verger diversifié et vivant, les ressources de Terre vivante donnent de bons repères en jardinage naturel.

Est-ce le bon moment pour tailler ton olivier ?

Avant de sortir les sécateurs, un petit diagnostic ne fait pas de mal. J’ai bricolé ce mini-questionnaire pour t’aider à décider si c’est vraiment le moment, ou s’il vaut mieux ranger l’outil et patienter.

 

Est-ce le bon moment pour tailler ton olivier ?

 
 
         
 

Un olivier bien mené, ça se joue sur des années, pas sur un après-midi de sécateur nerveux. Le mien a fini par comprendre mes intentions, ou moi les siennes, va savoir. J’attends la bonne fenêtre, j’ouvre le centre à la lumière, je respecte le pot ou la pleine terre, et je laisse l’arbre travailler. C’est lui le patron. Moi je passe juste avec mes outils, une fois par an, pour lui donner un coup de main.

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