Paysage comestible, première approche

Qu’est-ce qu’un paysage comestible? Découvrez comment combiner nature et alimentation via la permaculture et créez votre propre massif comestible!

Qu’est-ce qu’un paysage comestible ?

Le paysage comestible est une notion prometteuse qui peut sembler simple à comprendre mais qui peut paraître plus énigmatique dans sa mise en œuvre. Alors, de quoi parle-t-on exactement ? Qu’est-ce qu’un paysage comestible ? Selon le Larousse, le paysage est une étendue spatiale naturelle ou transformée par l’homme, qui présente une identité visuelle ou fonctionnelle. Le terme comestible désigne ce qui peut être mangé. En associant les deux définitions, le paysage comestible devient un espace transformé par l’homme qui lui confère une identité fonctionnelle destinée à fournir des aliments.

Alors, c’est quoi finalement ?

On peut considérer qu’un potager traditionnel ou un verger s’inscrivent dans la catégorie des paysages comestibles. Cependant, la notion telle qu’elle s’est développée ces dernières années est légèrement plus complexe. Elle émane directement de la permaculture, une approche souvent associée par erreur à l’agroécologie, qui vise à concevoir et à créer des écosystèmes productifs et résilients. Son objectif est de permettre à l’homme de produire sa nourriture tout en restant en harmonie avec son environnement. La biodiversité occupe une place fondamentale dans la création de ce type de paysage, en particulier face à l’érosion du nombre d’espèces animales.

Il serait incohérent d’imaginer uniquement des paysages composés de plantes comestibles sans tenir compte de la biodiversité. Les paysages comestibles associent donc biodiversité et production de plantes alimentaires. Le modèle-type est le jardin forêt, mais il existe d’autres configurations possibles…

Créer un massif comestible

Plusieurs scénarios existent. Avant d’entreprendre des projets ambitieux tels que le jardin forêt, il est possible de démarrer par un massif comestible (ou une plate-bande) pour s’exercer. Cela illustre l’un des principes fondamentaux de la permaculture : commencer petit et agrandir ensuite. En lien avec les paysages comestibles, on peut et doit intégrer la notion de gestion différenciée. En fonction du lieu choisi pour ce type de jardin, les méthodes diffèrent. Entre un massif en ville, très passant et un jardin à la campagne, l’approche et les techniques ne seront pas les mêmes. Il est donc crucial de préciser son objectif, par exemple un massif très fleuri, un massif arboré haut ou bas, de petits fruitiers, un jardin très soigné ou plus naturel, etc.

Exemple 1, sur un parking dans un lieu très fréquenté

Voici une plate-bande installée sur le parking d’un magasin à Lognes, en Seine-et-Marne. Proche de l’entrée, elle doit être accueillante et fleurie. Exposée en plein soleil et peu arrosée, elle mêle des plantes comestibles à des plantes ornementales tolérantes à la sécheresse. On y trouve des calendulas, de la rhubarbe, de la menthe, de la mélisse, du romarin, un olivier, des nigelles, des framboisiers associées à des baies goji, des rosiers et des artichauts tout juste plantés. Cet exemple illustre un paysage comestible conçu pour fournir des infusions et des fruits, tout en offrant des plantes mellifères pour les pollinisateurs.

Exemple 2, au Jardin d’épices cette fois

On y observe notamment un Toona sinensis, très ornemental, dont les feuilles sont comestibles (on l’appelle aussi arbre à salades). Il s’élève au milieu d’un massif de groseilliers à maquereau, une espèce européenne nourricière et appréciée par les pollinisateurs au printemps. Derrière le toona se trouvent un noisetier et un sureau. Sur l’image centrale apparaît un figuier Madeleine des 2 saisons qui émerge d’un massif d’asters, utiles pour les pollinisateurs en fin d’été. Enfin, sur la dernière photo, on voit un bananier sortir d’un massif associant légumes et plantes ornementales, avec des courgettes, des choux rouges, des capucines, des poivrons et de la bourrache, dont les fleurs et les feuilles sont comestibles.

Associer les espèces selon son projet

Les photos ci-dessus illustrent un grand mélange d’espèces. N’hésitez pas à associer et à mélanger les végétaux. Plus l’ensemble est dense, moins il y a d’adventices. Pour bien associer, il faut aussi anticiper le développement final de chaque plante afin d’éviter les interactions nuisibles. Prenez en compte les besoins en soleil : toutes ces plantes vont croître et les plus grandes formeront la trame du massif au centre. Elles créeront de l’ombre d’un côté sans l’imposer à l’autre. Placez les plantes qui tolèrent le soleil du côté le mieux exposé et réservez l’autre côté aux espèces qui préfèrent l’ombre.

Projet nature, que des sauvages

On pourrait limiter l’assise végétale à des plantes sauvages choisies pour leur intérêt culinaire : consoudes, lamiers blancs, lierre terrestre, plantains, menthes, mélisse, l’ile des ours, groseilliers, cassissiers, noisetiers, sureaux… On peut également laisser pousser des orties dans un coin. Ces plantes présentent un fort intérêt écologique tout en étant savoureuses. Certaines bénéficient de selections horticoles esthétiques (variétés panachées, pourpres, etc.) tout en conservant leur valeur écologique. Avec une bonne sélection, on peut viser une approche largement comestible, à condition d’ajuster ses pratiques alimentaires.

Projet mixte, plantes sauvages et ornamentales et/ou sauvages

Cette base naturelle peut facilement être enrichie d’éléments ornementaux et de légumes. Des rosiers dont les pétales sont comestibles, des lilas fleurs comestibles, des blettes multicolores ou des tournesols illustrent ce type de projet. La limite est alors l’imagination. Tout peut devenir comestible si l’on le souhaite.

Projet global, un peu de tout

Ce type de projet est de mon point de vue le plus abouti et équilibré, mais aussi le plus exigeant. Comme mentionné en ouverture, il n’est pas cohérent de viser uniquement l’alimentation ; nous partageons cette planète avec d’autres êtres vivants. Chaque création peut être envisagée comme un écosystème, plus il sera riche et varié, plus il sera productif en biodiversité animale et végétale. Il produira aussi des plantes alimentaires et médicinales. Sa mise en œuvre est complexe car elle demande un changement d perspective. Il faut accueillir des plantes sauvages, même celles qui semblent inutiles, car elles servent l’écosystème. Il faut observer, sélectionner et surtout gérer pour éviter une invasion et trouver l’équilibre.

Pour conclure

Voici trois familles de projets possibles, d’autres variantes existent avec de multiples nuances (plus de ceci, moins de cela). On peut envisager des configurations ornementales et légumes, légumes et plantes sauvages, ornementales et plantes sauvages, des prairies comestibles, des fruticées, et bien sûr des jardins forêt.

En résumé, le paysage comestible correspond à l’intégration de plantes comestibles — potagers, plantes ornementales comestibles, fruitiers, médicinales et sauvages comestibles — dans un jardin, un massif ou une plate-bande. Le pourcentage de comestibles varie selon vos projets, mais pensez toujours aux autres et laissez de l’espace pour que la biodiversité s’épanouisse. Et pour clore, n’hésitez pas à vous équiper de livres de cuisine !

D’autres articles thématiques viendront compléter ce premier article de présentation.

share this recipe:
Facebook
Twitter
Pinterest

Still hungry? Here’s more