Cultiver du curcuma, est-ce faisable ?

Le curcuma est une plante fascinante. Apprenez à la cultiver efficacement, que ce soit en pot ou en pleine terre, et partagez vos expériences.

Introduction

Qui n’a pas rêvé de cultiver du curcuma dans son jardin ? Certains pépiniéristes le présentent comme assez rustique, promettant une résistance jusqu’à -10 ou -12 °C. Mais qu’en est-il réellement ? Après des années à cultiver cette plante, voici mon retour d’expérience et ce que j’ai appris.

Un peu d’histoire

Le curcuma longa est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des zingibéracées, comme le gingembre ou le galanga. Être vivace ne signifie pas être rustique: vivace veut dire qu’elle peut vivre plusieurs années, alors que rustique désigne la capacité à résister à nos hivers. Surnommé le safran des Indes, le curcuma est originaire d’Asie du sud et du sud-est et est utilisé depuis longtemps à des fins culinaires, médicinales et tinctoriales. Le nom curcuma vient du sanskrit kunkuma. Dans l’Antiquité méditerranéenne, on le connaissait sous le nom latin terra merita, en référence à la couleur et au goût terreux de ses rhizomes et à leurs vertus médicinales. Terra merita a donné la forme française terre mérite et, via l’anglais turmeric, le nom courant du curcuma en anglais.

Cette épice est incontournable dans la médecine ayurvédique et dans la cuisine indienne. Aujourd’hui, on le cultive dans de nombreux pays tropicaux. Mais peut-on le cultiver chez nous ?

La rusticité

Plusieurs plantes tropicales affichent une rusticité surprenante, mais le curcuma longa n’est pas rustique en Île-de-France, même lors d’hivers doux. Sous couverture et avec un paillis épais, il peut malgré tout pourrir si le sol reste trop humide et que les gels ne dépassent pas légèrement les 0 °C. Certains essuient des réussites en Bretagne ou dans d’autres régions clémentes, mais le vrai problème semble résider dans le sol. En terres lourdes et humides, la plante ne peut pas entrer correctement en dormance pendant l’hiver, ce qui favorise la pourriture des rhizomes. Ici, les tests montrent que le curcuma doit soit avoir un sol sec en hiver, soit connaître des gels très légers pour survivre dans nos conditions.

La culture

Culture en pot pour l’hiver

Pour éviter les échecs en pleine terre, je préfère hiverner le curcuma en pot: il passe l’hiver à l’intérieur, au sec et au chaud, dans un grand pot, sans arrosage. À partir de mars, avril, parfois mai, des pousses apparaissent et c’est seulement à ce moment-là que je recommence à arroser. Arroser trop tôt entraîne la pourriture, même à l’intérieur. Une fois démarré, le développement est rapide. Dès que les gelées ne sont plus à craindre, vers la mi-mai, je transplante une partie en pleine terre et je conserve une partie en pot pour l’année suivante.

Culture en pleine terre

En pleine terre, le curcuma préfère une situation mi-ombragée: trop de chaleur freine la pousse et empêche souvent la formation de rhizomes. Le sol doit être meuble et très riche. Avant la plantation, j’utilise du fumier de cheval bien décomposé et du compost. Durant tout l’été, l’arrosage doit être régulier car la plante connaît une phase de mousson dans son cycle de croissance. Fin octobre, les feuilles jaunissent et il faut déterrer, récolter les petits rhizomes et rempoter le reste pour l’hivernage. En pratique, on obtient souvent une meilleure récolte en pot qu’en pleine terre, car les sécheresses estivales modernes compliquent le développement des rhizomes en sol nu. Le pot permet un arrosage plus fiable.

Récolte et conservation

Les récoltes ne sont généralement pas spectaculaires, mais certaines années offrent de beaux massifs. En pleine terre, des épisodes de sécheresse ou de canicules peuvent réduire considérablement la récolte en automne. Nos étés actuels sont plus méditerranéens que tropicaux, ce qui n’est pas idéal pour une plante tropicale. En pot, la culture est plus intéressante; en amateur, il existe sans doute des améliorations possibles (par exemple en serre), mais cela reste à démontrer. Pour notre usage familial, les rhizomes se conservent bien dans du sable légèrement humide et se consomment plutôt frais. Je n’ai pas encore pratiqué le séchage ni la fabrication de poudre, donc je ne peux pas dire ce que cela donne.

Conseils pratiques

Comment être sûr de cultiver le bon curcuma ? Évitez les achats en jardinerie lorsque vous voyez une potée en fleurs: il s’agit très probablement du curcuma ornemental, qui n’est pas comestible. Privilégiez le curcuma épice en germant des rhizomes faciles à trouver en magasin bio, ou commandez auprès de pépiniéristes professionnels en ligne en recherchant explicitement Curcuma longa. Pour la germination, plantez les rhizomes dans des pots remplis de terreau et arrosez très modérément; cela suffit généralement.

Pour résumer

Le curcuma n’est pas compliqué à faire pousser: il se développe bien et forme de jolies touffes luxuriantes. En revanche, la récolte est une autre histoire et demande de la patience et une gestion adaptée du milieu (pot ou pleine terre, arrosage, exposition et sols). C’est mon expérience en Bretagne; vous pourriez obtenir des résultats différents ailleurs. Si vous souhaitez voir ce que cela donne dans votre région ou partager votre expérience sur la culture, la récolte ou la conservation, vos retours m’intéressent.

Partagez votre expérience

Si vous avez une expérience différente de cette culture, n’hésitez pas à partager vos observations dans les commentaires, que ce soit sur la culture, la récolte ou la conservation. Votre retour peut aider d’autres jardiniers à s’orienter et à progresser.

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